Ah mes Maîtres, quelle joie, Monsieur le Baron Seillière est content ! Son valet Raffarin a « sonné la fin de la récréation ».Les experts, les chefs de ce que l’on veut , les donneurs d’ordres, les petits dictateurs de bonne conduite, les prêtres de l’ordre moral, les exploiteurs cyniques, les supermenteurs de tout poil, les dames d’œuvres, les apitoyés de la bonne conscience, les metteurs au travail, tous ces joyeux réactionnaires vont, enfin, remettre sur le bon chemin la troupe visqueuse et rampante des profiteurs de toute sorte. Les chômeurs indemnisés, les bénéficiaires du RMI, les mendiants, les sans-papiers, les honteux profiteurs des largesses patronales, les suceurs du sang des entreprises, les jouisseurs des congés payés, les allocataires divers et variés, et, horreur, les fonctionnaires, tout ce beau monde va être mis au pas après avoir été honteusement pourri par le gouvernement précédent.
Quoi ? Après les quelques malheureuses années passées en entreprise, où la grâce patronale a consenti à verser un salaire toujours trop coûteux par rapport au travail fourni, on aurait droit à une retraite permettant aux paresseux de se prélasser dans leur logement ou pire dans le domaine public, bref, profiter vainement de la vie, ou même se soigner, vous n’y pensez pas mes Maîtres ! Une telle prétention nécessiterait au moins 60 années de dévouement absolu et d’acceptation de subordination aux « destinées de l’entreprise », et à l’infaillibilité de son patron. En plus, pour pouvoir prétendre à quelque chose de substantiel il sera de bon ton d’investir ses maigres économies dans un fonds de pension de l’entreprise. Conséquence logique de la confiance accordée au patronat de droit divin, incarné par son plus haut dignitaire, « not’ seigneur » Monsieur le Baron Seillière. Ah mes maîtres, quelle belle perspective !
Les grands humanistes, raffarino-sarkoziens, sous la haute Présidence de l’homme dont la droiture et la rigueur morale personnelle sont connues de tous, ne se contentent pas d’agir sur nos concitoyens, ils exercent leur magnanimité sur ceux que la misère a chassés de leur pays, malgré les obstacles que des inconscients dressent sur leur route pourtant semée de bonnes intentions. « Droit de l’hommistes ! » Voila l’injure qu’à cru bon de proférer le ministre de l’Intérieur à l’encontre de ceux qui se préoccupaient du sort des malheureux que la destruction du centre de Sangatte allait jeter dans la rue en plein hiver.
Droits de l’hommistes, les rédacteurs de la Déclaration de 1789, Droits de l’hommiste René Cassin « panthéonisé »,et qui fut l’un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948 ! Droit de l’hommistes, Robert Badinter et l’Assemblée nationale qui vota l’abolition de la peine de mort en 1981. Droits de l’hommiste la Croix-Rouge, Droits de l’hommistes les ONG et d’une manière générale tous ceux qui œuvrent pour que ce monde soit un peu moins dur à ceux qui souffrent !Quelle belle injure mes maîtres ! Et quelle honte pour celui qui s’est cru autorisé à la lancer !
Mais quelle joie mes Maîtres, de voir le premier ministre de notre pays être ramené à une position que sa fonction n’aurait jamais dû lui faire occuper : le valet servile du patronat cynique et triomphant !!
Gédéon